Des pays - Des hommes - Des évènements...
Africa Reporters est une association de journalistes d'investigation qui veut mener des enquêtes sur les questions ou problèmes cruciaux à la société africaine.
Les reporters africains francophones membres de cette association conviennent que ni le risque, ni le manque de moyens ne peuvent servir de prétextes pour que les journalistes d'investigation se taisent et ne lèvent pas le lièvre quand il le faut à l'image des journalistes du water gate au USA.
L'idée de la création de cette association remonte à deux ans environ quand quelques amis et moi avons été sollicités par deux organismes humanitaires pour enquêter sur la filière café cacao en Côte d'Ivoire et plus tard sur la filière coton au Mali. L'impact de ces deux enquêtes et les restructurations intervenues dans ces deux filières, nous a décidé à partager cette expérience florissante qui nous rapprochait de l'objectif premier du travail de reporter qu'est l'investigation avec d'autres confrères du Togo, du Benin et du Burkina.
Trois mois durant en effet durant nos investigations en Côte d'Ivoire et au Mali, nous avons vécu le quotidien des communautés concernées, nous avons perçu avec profondeur, leur détresse et leur espoires. Jamais en ce qui me concerne, je n'ai été aussi impliqué et engagé à temoigner de la réalité d'une situation qu'en ces moments là.
C'est là que nous avons compris tout le sens du combat du journaliste que nous sommes: faire connaître les réalités de vie d'une communauté, d'une situation, d'un groupe de personnes... afin de susciter des réactions pour chercher des solutions afin de régler un problème, gérer une situation...
Revenu un peu plus tard à la rédaction du journal qui m'employait, j'ai vite compris que je ne pouvais plus m'asseoir en attendant qu'on me confie des reportages sans importance et inutiles...
Je venais de découvrir qu'il y a tellement à dire de l'Afrique qu'aujourd'hui mes rares moments assis sont ceux pendant lesquels je pianote rageusement sur le clavier de mon ordinateur, à la recherche d'indices pour une enquête ou l'analyses de documents qu'on m'a transmis pour avancer dans une investigation.
Je me mords les lèvres de rage aujourd'hui quand je pense que 7 jours avant sa mort, j'ai rencontré Mano Dayak, le chef de la rébellion touareg . Il m'a dit des choses importantes qui auraient pu changer beaucoup de choses mais que je n'ai pas pu divulguées. Mes chefs ne m'ont pas pris au sérieux et m'ont enjoint d'aller couvrir la fête des moissons de l'église du christianisme céleste au Nigeria. Je n'étais qu'un jeune journaliste sans expérience parti couvrir le Paris - Dakar.
Nous Africa Reporters savons que le métier de journaliste est un sacerdoce et nous n'avons pas à nous plaindre de notre condition de vie quand nous pouvons aider à changer la situation générale autour de nous pour en profiter nous aussi le cœur plus en paix. Pendant nos voyages en Côte d'Ivoire et au Mali, nous avons compris nos limites et nos erreurs de journalistes " bien mis" dans les bureaux de rédactions. Nous avons été ridicules quand ils nous a fallu recourir à des interprètes pour communiquer en moré alors qu'un mossi était de l'expédition. Nous nous sommes tellement sentis idiots quand nos confrères du mali que nous avions trouvé pour nous accompagner dans les champs de coton nous ont laissé entendre qu'ils ne souhaitaient pas aller suer au soleil dans "ces champs là". Comment pouvaient ils comprendre les souffrances des populations?
Il n'y a rien à voir là bas nous ont ils répondu. Et nous y sommes allés et la vérité leur a éclaté à la face, six mois après et j'espère qu'ils se sont sentis mal ce jour là...
Reuters ou AFP ou encore RSF malgré leurs efficacités reconnues, ne peuvent pas être plus au parfum des réalités de nos communautés plus que nous même! Africa reporters veut donner ce crédit qui manque aux jeunes reporters de cette presse africaine qui s'informe sur RFI des réalités qui se passent au seuil de sa case. C'est à nous d'aider le monde à savoir de nous...
Commençons maintenant:
en nous rencontrant sur le web, dans notre forum de discussion, nos échanges mails, nos rencontres spontanées ou périodiques par web conférence...
Découvrons ensemble, une autre manière de faire du journalisme pour nous sentir vraiment utiles à nos communautés.
Mais surtout soutenir des associations humanitaires et conduire des investigations dans les domaines aussi diverses que:
La défense des droits de l'homme,
Les contrefaçons et la qualité des biens et produits de consommation
La corruption et le blanchiment de l'argent sale,
L'environnement,
La cybercriminalité,
La lutte contre la pauvreté, et La promotion de la paix
La protection de la femme et de l'enfant...
Et publions chaque trimestre au moins un dossier d'investigation sur un sujet pour influencer des décisions et obliger les gouvernants à mettre fin ou à prendre des mesures concernant le problème soulevé.
Soyons enfin des inquisiteurs de la perfidie sociale, les dénonciateurs des abus et négligences diverses des pouvoirs publiques, les chiens de garde du bien commun... Aidons à changer notre continent et la vie de nos communautés pour espérer quémander un peu de respect du nord.
D'ores et déjà, des organismes et associations nous encouragent dans cette voie de la publication de dossiers chauds, pimentés, qui font peur et pour lesquels on ne peut pourtant plus se taire.
Notre ambition n'est nullement de faire dans le sensationnel mais de contribuer à la manifestation de la vérité en toute sincérité et sans partie pris.
Aujourd'hui donc, tout journaliste membre de notre association qui décide de faire un dossier, de mener des investigations dans un domaine donné aura notre appui et celui des organisations et associations partenaires et ne sera plus traqué et intimidé injustement et sans réactions comme cela a toujours été le cas en Afrique, rendant les reporters apeurés et sans crédit comparés à leurs copains du nord...
Charles Richard NZI
Vous nous trouverez aussi sur:
www.facebook.com/africa.reporters
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africa.reporters@gmail.com
